Christophe Fernandez, arrivé cet été à Montpon, veut s'inscrire sur le long terme avec ambition. © Droits réservés. |
Sylvain Desgroppes : Quel
a été votre parcours dans le football ?
Christophe Fernandez : J'ai
fait mes armes à l'ES Blanquefort, chez les jeunes puis en seniors.
J'ai passé 90% de ma carrière de joueur dans ce club, où j'ai
aussi commencé ma carrière de coach, chez les jeunes, en U15, puis
U17, et enfin U19. Je garde en mémoire un beau parcours en coupe
Gambardella en 2012, jusqu'en 8e de finale, avec deux centres de
formation éliminés alors que l'on était en PH. J'ai aussi été à
Arsac Le Pian et au Stade Bordelais, puis trois ans à Caudéran en
seniors.
Devenir coach était-il naturel pour vous ?
Je
suis un passionné de football, j'aime ce jeu. Donc naturellement,
après ma carrière de joueur, j'ai voulu passer de l'autre côté de
la barrière, même si ce n'est pas quelque chose que j'avais
longuement réfléchi avant d'arrêter de jouer. J'ai trouvé que
c'était encore plus passionnant, avec un côté psychologique qui
s'ajoute à tout le reste. J'ai essayé de travailler et de
progresser de façon cohérente, sans brûler les étapes, jusqu'à
Caudéran puis Montpon.
Quelle
est votre vision de cette fonction ?
On
a tous des entraîneurs qui nous collent à la peau. Pour moi, ce
sont des garçons à très fort caractère. Pour citer des noms que
les gens connaissent, ce serait Antonetti, Courbis, Mourinho. Je suis
toujours à la recherche d'une progression des joueurs, quel que soit
leur âge. Après, j'essaie d'être proche des joueurs, tolérant, et
en même temps je suis dans la rigueur, je fixe un cap, un cadre de
vie duquel on ne peut pas sortir.
Comment
s'est faite votre arrivée à Montpon en R3 ?
J'étais
en contact depuis l'hiver dernier avec le président Éric Gonzalez.
On a des attentes, des intérêts qui se rejoignent, et c'est aussi
l'histoire d'hommes qui se correspondent. Le club de Montpon a besoin
de retrouver ses lettres de noblesse, et il a des ambitions élevées.
Et moi j'avais envie de trouver un club avec des gens passionnés,
des structures sportives permettant d'évoluer vers le haut. J'arrive
au MMFC avec des fonctions élargies de manager général.
Quel
est justement ce projet que vous avez rejoint ?
Aujourd'hui,
bien travailler tout seul est impossible. Sur le plan sportif, le
projet est global. Il faut pérenniser la formation pour amener de la
performance en senior, cela passe par une formation de tous les
éducateurs, l'obtention de labels sur l'école de football... Quant
à l'équipe fanion, une structuration s'est faîte progressivement,
avec Thierry Maures et Patrick Manière, mes deux adjoints, mais
aussi Ludovic et Memed, pour les gardiens, et Miguel et Daniel, nos
intendants. Je suis aussi sur la communication, les partenariats et
sponsorings...
Sur
la partie technique, quelle est votre vision du jeu ?
Pour
moi, le football est un spectacle. L'objectif est de marquer des
buts, et je préfère une équipe qui gagne 5-4 à une équipe qui
gagne 1-0. Le football est un jeu offensif, un jeu efficace.
L'exemple type, c'est l'Espagne des années 2010, avec la possession,
un jeu de passes rapide, au sol, tourné vers l'avant. Ensuite, il y
a le côté pédagogique, psychologique, et émotionnel, tout cela
est primordial pour gérer un groupe.
Comment
fonctionnez-vous avec vos joueurs ?
Il
faut trouver un juste milieu. Déjà, il faut une grande exigence sur
nous-même, le staff, pour pouvoir la demander aux joueurs. On veut
avancer droit, et tous ensemble, le football est un sport collectif.
On met en place un cadre de vie rigoureux, et à partir du moment où
l'on est au stade, il faut le respecter. Même si on sait
qu'aujourd'hui, jouer au foot pour jouer au football, c'est fini. Il
y a plein de paramètres à englober, il faut faire du cas par cas
parfois.
Quel
bilan faîtes vous du début de saison, avec une troisième place au
classement ?
L'objectif
était d'être troisième à la trêve, on est sur nos bases, mais il
faut encore prendre des points sur les deux matches qu'il reste
contre deux belles équipes. J'ai une équipe jeune, qui peut avoir
quelques irrégularités dans la performance. On a connu une faillite
offensive sur nos deux défaites par exemple. Mais à côté, on a
déjà gagné une grosse bataille, l'état d'esprit de groupe, avec
deux ou trois cadres plus âgés qui permettent cette symbiose.
Quelles
sont les perspectives ?
Malgré
tout, je ne suis pas encore satisfait. Vu l'activité que l'on met à
l'entraînement, vu le jeu que l'on développe, on doit faire mieux.
Montpon n'est pas à sa place en R3. Je ne serais satisfait que
lorsque le MMFC sera à son niveau. Je ne suis pas venu ici pour
passer un an et partir. Je veux faire évoluer les choses
positivement, m'inscrire sur le long terme. Mais tout seul je ne
ferai rien, on devra avancer tous ensemble pour tendre vers les
ambitions du club.
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